ABOR - L’Approche Bienveillante Ouvertement Relationnelle, une écologie de la relation fondée sur l’attention


 L’Approche Bienveillante Ouvertement Relationnelle (ABOR) est l’écologie relationnelle qui traverse l’ensemble de la Bienveillance VRÉ. 

Elle propose une manière d’être en lien qui repose sur une attention fine, ajustée, non intrusive, et qui soutient la justesse, la sobriété et la réciprocité.

L’ABOR n’est pas une méthode, ni un protocole, ni une posture morale. 

C’est un milieu, une écologie vivante, une manière de percevoir, de se rendre lisible, de recevoir et d’ajuster la relation. 

Elle s’appuie sur une dynamique simple et profonde :

On ne peut recevoir que ce que l’on voit. 

On ne peut être reçu dans ce que l’on donne ou ce dont on a réellement besoin que si l’on donne à voir.

Cette loi relationnelle fonde toute l’écologie ABOR qui se décline à travers 3 types de situation :

  • La contribution, l’aide, le don, ou la demande ;
  • L’accueil d’une critique ;
  • La coopération, la co‑construction ou la collaboration durable.

Une écologie fondée sur l’attention

L’attention est le mécanisme régulateur de l’écologie relationnelle. Elle permet :

  • de voir ce qui circule,
  • de rendre visible l’invisible,
  • de reconnaître ce qui est reçu, et particulièrement quand cela a été donné,
  • de percevoir ce qui est demandé,
  • de rendre recevable son interaction,
  • d’ajuster l'interaction et la relation.

L’attention n’est pas un effort : c’est une qualité de présence avec une condition sine qua non : se donner du temps. Elle ouvre la possibilité d’une relation non intrusive, non projective, non sacrificielle.

Une dynamique archipélique : voir et donner à voir

L’archipel : un modèle relationnel non fusionnel

L’archipel est une métaphore relationnelle inspirée des géographies insulaires : un ensemble d’îles distinctes, autonomes, singulières, reliées par des circulations, des courants, des passages Elle a été théorisée par le philosophe, romancier et poète Edouard Glissant.

Dans une dynamique archipélique :

  • chaque entité est une île,
  • la relation ne détruit jamais la singularité,
  • la distance n’empêche jamais la connexion,
  • la visibilité est offerte, jamais imposée.

C’est une relation sans emprise, une proximité sans invasion, une co présence sans confusion.

La double dynamique : voir et donner à voir

La relation archipélique repose sur deux mouvements complémentaires :

Voir

Voir ce qui est là : ce qui circule, ce qui est donné, ce qui est demandé, ce qui est possible. Voir, c’est reconnaître l’existence de l’autre et la réalité de la relation.

On ne peut recevoir que ce que l’on voit.

Donner à voir

Donner à voir ce que l’on peut offrir, ET donner à voir ce dont on a réellement besoin. C’est se rendre lisible sans s’imposer. Chaque entité peut être à la fois demandeuse et offreuse. L'écologie de la relation invite à réduire l'asymétrie dans les relations et cette invitation à une double mise en visibilité offre/demande y conttribue.

On ne peut être reçu que si l’on donne à voir.

Cette dynamique soutient une relation qui circule sans envahir, qui s’ouvre sans se dissoudre, qui se transforme sans se déformer.

Les enjeux relationnels de l’ABOR

De cette écologie découlent plusieurs enjeux fondamentaux :

  • Voir pour rendre visible l’invisible. La bienveillance reçue est souvent sous perçue. Voir, c’est déjà reconnaître.
  • Voir puis reconnaître ce qui nous est donné. La reconnaissance nourrit la relation.
  • Voir ce qui nous est demandé — même implicitement. Ne pas faire semblant de ne pas voir. Reconnaître la demande, c’est reconnaître l’autre (individu, collectif, communauté).
  • Bien recevoir pour que ce soit transformateur. Recevoir est un acte actif, qui donne au geste sa puissance relationnelle.
  • Savoir demander ce dont on a réellement besoin — et que ce soit recevable. La demande est un acte de visibilité, pas d’exigence.
  • Savoir donner à voir ce que l’on peut donner — et que ce soit recevable. Donner à voir n’est pas se mettre en avant : c’est se rendre lisible.

Depuis les premières traces humaines, donner à voir est déjà un don. Un geste offert au monde, sans adresse, sans attente, sans retour.

L’imprimerie puis le numérique ont amplifié ce geste silencieux : on donne à voir pour qui voudra prendre, et cela suffit parfois.

Car rendre visible, c’est déjà offrir. Le don ne commence pas seulement là où quelqu’un reçoit, mais là où quelqu’un laisse paraître ce qui peut être pris.

Trois méthodes situationnelles dans l’écologie ABOR

L’ABOR se décline à ce jour en trois méthodes, chacune adaptée à un type de situation relationnelle. Elles ne sont pas des protocoles, mais des écologies situationnelles, fractales, applicables :

  • entre deux personnes,
  • entre un individu et un collectif,
  • entre deux collectifs,
  • entre une institution et un citoyen.

Ce sont des manières d’être en lien qui soutiennent la justesse, la sobriété, la non intrusion et la réciprocité.

RÉVA — Pour les situations de contribution, d’aide, de don, ou de demande.

RÉVA est une méthode bidirectionnelle : elle s’applique aussi bien à la situation où l'on donne qu’à la situation l'on demande.

  1. Repérer le besoin réel (le sien ou celui de l’autre)
  2. Élaborer une forme qui puisse être recevable (aide ou demande)
  3. Vérifier la réception (ce que cela produit)
  4. Ajuster (moduler, reformuler, renoncer)

RÉVA protège la relation en évitant l’intrusion, la projection, la sur demande ou la sur offre. 

Elle soutient une contribution réellement recevable. C'est la condition pour que le geste devienne pleinement bienveillant.

Accéder à la page dédiée : RÉVA

AIR-S – Pour faire face aux critiques

AIR-S propose une manière d’accueillir une critique qui protège la relation et la dignité des deux parties. 

Les 4 mouvements de AIR-S portent l’accent respectivement sur  :

  1. l’Accueil de la critique
  2. l’Intention d’investiguer
  3. la Reconnaissance
  4. Un possible échange en temps réel pour clarifier, voire élaborer une réponse complète, ou sa propre décision de différer le traitement de la critique, en fonction de la situation et des états émotionnels respectifs.
  5. un engagement à ce qu’il y ait des Suites.

Elle soutient une attention double :

  • attention à ce qui est dit et à l’état émotionnel de l’émetteur de la critique,
  • attention à ce que cela produit en soi.

Elle permet de recevoir une critique sans se justifier, sans se fermer, sans se sentir attaqué, tout en restant lisible et ajusté.

Accéder à la page dédiée : AIR-S

La stratégie coopérenne - Pour les situations de coopération, de co‑construction, de collaboration durable.

La stratégie coopérenne est une adaptation bienveillante de la stratégie CRP (Coopération – Réciprocité – Pardon) issue de la théorie des jeux.

Elle place la culture de la relation au centre de la coopération :

appréciation, gratitude, inspiration, droit à l’erreur, gestion des tensions, introspection et partage d’introspection.

Elle repose sur une Attention Réciproque qui permet de rendre la coopération réellement gagnant‑gagnant et aussi de savoir moduler son niveau de coopération, y compris d'en sortir si la situation le nécessite pour soi-même, autrui ou le projet ou la structure auquel on contribue.

Accéder à la page dédiée : Stratégie coopérenne

Une écologie relationnelle, pas une morale

L’ABOR ne dit pas ce qu’il faut faire. Elle ne prescrit pas la bienveillance comme un devoir. Elle ne valorise ni le sacrifice, ni la générosité performative, ni l’altruisme intrusif.

Elle propose une écologie de la relation, fondée sur :

  • l’attention à soi-même (individu, collectif, communauté), à l’autre partie de la relation et à la relation elle-même,
  • la justesse,
  • la sobriété,
  • la non intrusion,
  • la réciprocité possible,
  • la lisibilité,
  • la capacité de recevoir.

Elle ouvre un espace où la relation peut être vivante, ajustée, soutenable.

Finalité : une relation qui se transforme sans se déformer

L’ABOR vise une relation transformatrice qui :

  • se transforme sans se déformer,
  • s’ajuste sans s’épuiser,
  • s’ouvre sans s’envahir,
  • se donne sans se perdre,
  • reçoit sans se dissoudre.

Une relation qui reste un archipel : distincte, visible, recevable, vivante.


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