Rappel du mantra
Recevoir,
faire circuler, bonifier,
protéger, contribuer, donner
là où la vie a réellement besoin de nous,
à la juste mesure de nos forces.
Le duo central : donner ↔ recevoir
Dans la bienveillance vivante et régénérative, chaque geste porte l’autre en lui.
Recevoir : l’acte de vision
C’est porter attention à ce qui a été donné.
Rien n’est reçu qui n’ait d’abord été donné — par une personne, un geste, un système, un vivant, un effort visible, ou bien plus souvent, invisible.
Recevoir, c’est donc déjà donner de l’attention, reconnaître la source et la chaîne de dons, la sève invisible qui précède chaque instant.
On peut remarquer que dans "recevoir", il y a "voir". Ce n’est pas une vérité linguistique, mais une vérité symbolique : recevoir demande de voir ce qui a été donné.
Lorsque nous recevons sans voir, nous empêchons la bienveillance de circuler : la chaîne se brise, même sans intention.
- discernement de l’intention de celui qui donne : d’où vient le geste, quelle qualité de présence ou d’attention l’a porté, quelle intention l’a animé ;
- discernement de ce que cela touche en nous : en quoi cela répond — plus ou moins, ou pas du tout — à nos besoins réels, ou à une envie, une attente, une blessure, une projection.
Recevoir, c’est discerner ce qui nourrit, ce qui encombre, ce qui manque encore.
Et discerner un besoin réel, c’est distinguer — dans un contexte donné — ce qui relève d’un besoin (ce qui soutient la vie, la santé, l’équilibre) et ce qui relève d’une envie (ce qui apporte du plaisir, du confort, de la douceur). Les deux sont légitimes, mais ils n’ont pas la même fonction. Cette distinction, toujours pondérée, permet d’agir ensuite avec justesse dans l’articulation entre faire du bien et faire plaisir.
Donner : l’acte d’écoute
C’est, dans un premier temps, porter attention à ce qui doit être reçu.
Donner commence par une écoute : sentir où un manque se fait sentir, où un geste peut nourrir, où la vie appelle.
C’est d’abord donner de l’attention à ce qui attend d’être reçu, puis recevoir en retour le fruit de cette attention : l’ajustement, la réaction, la limite, la fécondité.
Donner, ce n’est pas seulement répondre aux besoins d’autrui ou du monde : c’est aussi se donner de la bienveillance à soi-même, prendre soin de son corps, de sa santé, de son cerveau, de son équilibre.
C’est reconnaître que nos besoins réels sont légitimes et qu’ils méritent d’être nourris.
Donner, c’est aussi donner à voir nos besoins réels, pour permettre à l’autre d’ajuster sa bienveillance.
On ne peut pas prendre soin de ce qu’on n’a pas pris le soin de bien voir.
Donner est donc une triple dynamique :
- voir le besoin réel du monde,
- donner à voir nos propres besoins réels,
- se donner (individuellement et collectivement) ce qui est nécessaire pour rester vivant, stable, fécond et apte à pouvoir donner à la juste mesure de son état, de ses capacités et de ses efforts.
Dans les deux gestes "Recevoir" et "Donner", la même boussole apparaît : le besoin réel — le nôtre et celui du monde, et dans cet ordre (non par égoïsme mais par pertinence).
Ainsi, dans chaque verbe du mantra, la même dynamique circule :
- recevoir implique de donner,
- donner implique de recevoir.
L’attention bienveillante est la sève qui relie les deux.
De l'invisible au visible
Le mantra, en processus
- La première, la plus prioritaire, la réaction de protection - elle correspond à la priorité du Système Nerveux Autonome (SNA) : écarter immédiatement ce qui est nuisible pour préserver soi, autrui et la qualité de la sève.
- La seconde, la circulation brute - elle transmet tel quel ce qui peut aller vers l’extérieur.
- La troisième, la bonification - elle amène à un travail d'alchimie avant d’être offert.
- La quatrième, la non-pertinence - elle conduit à laisser de côté cette matière et ne pas la faire circuler ni lui consacrer de l'énergie.
Décomposition du mantra
[Recevoir]
Recevoir est un verbe actif et non passif comme on le croit souvent.
C’est ouvrir les yeux, les sens, l’esprit et le cœur à ce qui nous est donné — souvent sans bruit, sans demande, sans visibilité.
Recevoir, c’est se révéler et reconnaître l’invisible : la sève brute, les gestes silencieux, les soutiens discrets. C’est discerner l’intention de celui qui donne, et discerner ce à quoi cela répond en nous — besoin réel ou envie, selon le contexte.
Recevoir, c’est apprécier ce qui nous est donné, l’apprécier à sa juste valeur, ressentir de la gratitude et remercier qui nous l’a donné.
C’est le premier mouvement du vivant.
[Faire circuler, Bonifier]
Tout ce qui nous traverse peut être redonné brut ou transformé.
Comme le hêtre filtre la sève brute pour en faire une sève élaborée, nous avons la responsabilité de trier, clarifier, apaiser, transmuter ce que nous recevons avant de le laisser repartir dans le monde. Notre SNA, notre empathie et notre rationalité ont toutefois une priorité absolue : la vigilance aux signaux de danger, comme le fait le hêtre pour se protéger de ce qui lui est nuisible.
Il y a donc un enjeu premier de se protéger et de protéger, qui peut être possiblement contrarié par l'état polyvagal dans lequel on se trouve. Recevoir des signaux de danger - et savoir les décrypter - pour (se) donner de la protection.
La bonification concerne notamment ce en quoi nos émotions peuvent devenir transformatrices.
Faire circuler et bonifier, c’est ajuster ce que l’on a reçu pour qu’il puisse répondre à un besoin réel — le nôtre ou celui d’autrui.
C’est aussi discerner ce qui relève d’un besoin ou d’une envie, et ajuster la réponse avec justesse.
C’est le métabolisme de la bienveillance vivante.
[Protéger, Contribuer, Donner]
Protéger, contribuer et donner n’est pas se vider, ni se conformer aux attentes supposées d’autrui.
C’est discerner où la vie appelle, où un manque se fait sentir, où notre geste peut réellement nourrir.
Protéger, c’est prendre soin de ce qui est fragile et de ce qui est précieux, filtrer ce qui blesse, et se tenir debout ensemble face à ce qui menace le vivant.
C’est aussi se donner de la bienveillance à soi-même, prendre soin de son corps, de sa santé, de son cerveau, pour rester capable de contribuer.
Et c’est donner à voir nos besoins réels, pour permettre à l’autre d’ajuster sa bienveillance.
Donner, c’est donc une triple dynamique : voir, donner à voir, se donner.
C’est accueillir le besoin réel — le nôtre et celui du monde — et y répondre avec justesse.
C’est la cime du hêtre, le geste fécond.
Ensemble …
… ces trois niveaux forment la dynamique de la bienveillance vivante et régénérative :
une circulation vivante, une respiration - inspirer pour recevoir et expirer pour donner- , un art de rendre visible l’invisible et de le magnifier à sa juste valeur.

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