
La Bienveillance VRÉ est une approche de la bienveillance qui ne relève ni de l’injonction morale ni du sacrifice de soi (bien souvent silencieux), ni sur une posture naïve ou bisounours.
Elle est Vivante, Robuste et Émergente.
Elle s’appuie sur une compréhension fine des dynamiques biologiques, relationnelles et collectives qui rendent la bienveillance possible, durable et régénérative.
Elle part d’un constat simple :
la bienveillance ne se décrète pas. Elle émerge lorsque les conditions du vivant sont réunies, faisant de la biologie et la neuro-physiologie un élément central de la compréhension des ressorts de la bienveillance. Cela met en évidence le rôle central de notre Système Nerveux Autonome (SNA).
Le fondement premier de la bienveillance est ainsi biosociologique.
Ce fondement premier biosociologique s’appuie sur trois repères de sécurité — classique, fragilisé et inversé — qui modulent notre capacité à recevoir, absorber ou neutraliser ce qui circule entre les êtres. Ces repères ne sont pas des traits psychologiques, mais des états du vivant en milieu social. Entendons-nous bien
La bienveillance,
ce n’est pas seulement être attentionné, empathique ou aidant
quand tout va bien.
Elle appelle à travailler, individuellement et collectivement,
pour créer et cultiver les conditions qui permettent de :
- Faire face aux tensions : rester juste, régulé et responsable, quand les situations se tendent, quand ça va moins bien, quand quelque chose déraille ;
- Faire face à l’inacceptable : prendre soin et prendre ses responsabilités, lorsque nous sommes témoins de malveillance, de négligence ou d’un déséquilibre qui met une personne ou un écosystème du vivant en difficulté.
Et cela n’est possible que si chacun se sent suffisamment en sécurité pour agir.
La bienveillance n’exige pas de se mettre en danger :
elle invite à agir à la mesure de ses capacités, avec le soutien :
- de l’éducation,
- de la régulation,
- du soutien mutuel
- et de cadres protecteurs.
La bienveillance devient vivante, robuste et émergente
lorsqu’elle organise la sécurité qui rend l’action juste possible.
Une bienveillance Vivante ...
... parce que la bienveillance est d’abord une affaire de corps, de régulation et de relation.
Elle repose sur :
- une écologie intérieure (biologie, SNA, besoin premier de sécurité),
- une écologie relationnelle (attention, clarification, ajustement),
- une écologie collective (interdépendance, coopération, protection du lien).
La bienveillance vivante n’est donc pas seulement un phénomène biologique : elle est biosociologique. Elle dépend autant de l’état du corps que du milieu social, des interactions présentes, des normes implicites et des repères de sécurité dans lesquels chacun se trouve.
Le fondement biosociologique considère que la capacité de bienveillance, d’empathie et d’ouverture ne dépend pas uniquement de l’état neurophysiologique individuel, mais de la qualité du milieu social, relationnel et institutionnel dans lequel le système nerveux évolue.
La bienveillance vivante commence par recevoir (le premier verbe du mantra de la bienveillance VRÉ) :
recevoir des signaux, des besoins, des limites, du soutien visible et invisible.
La Bienveillance Vivante s’appuie sur la théorie polyvagale, qui décrit comment notre SNA module en permanence notre capacité à entrer en lien. La bienveillance n’est pas un choix moral mais un état physiologique : elle apparaît lorsque le système vagal ventral est suffisamment régulé pour permettre la sécurité, la curiosité et la co‑présence.
Dans cet état de sécurité et de connexion (nerf vague ventral activé), le corps devient capable de nuance, d’écoute, de coopération. La bienveillance vivante n’est donc pas d'abord un effort ou une question d'éthique, mais un phénomène neurobiologique qui se déploie quand les conditions internes sont réunies. Dans les deux autres états polyvagaux (mobilisation et immobilisation), nos liens avec nos capacités d'empathie (et de rationalité) sont amoindris voire déconnectés.
Avant d’être un geste, la bienveillance est un état régulé.
Les trois repères de sécurité biosociologique
La capacité à entrer en lien, à absorber la bienveillance ou à neutraliser les micro‑accrocs dépend du repère de sécurité dans lequel se trouve une personne :
- Repère classique : marge d’absorption élevée, disponibilité relationnelle stable.
- Repère fragilisé : marge réduite, sensibilité accrue aux micro‑accrocs.
- Repère inversé : lecture inversée de la sécurité, protection prioritaire.
Ces repères ne sont pas des catégories psychologiques, mais des états dynamiques du vivant en milieu social, influencés par l’histoire, le contexte, la charge du moment et la qualité du milieu.
Une bienveillance Robuste ...
... parce que la bienveillance qui ne sait pas se protéger et n'accepte pas les fluctuations, s’épuise.
La Bienveillance VRÉ intègre :
- les tensions comme éléments du vivant,
- la régulation avant l’escalade,
- la recherche de malentendus avant l’accusation,
- la clarification avant la rupture,
- la protection des acteurs engagés.
La Bienveillance Robuste s’inspire des travaux d’Olivier Hamant sur la robustesse du vivant : dans la nature, la robustesse ne vient pas de la rigidité, mais de la capacité à absorber, transformer et redistribuer les tensions.
Une structure vivante est robuste parce qu’elle accepte l’imprévu, s’adapte, se réorganise.
De la même manière, la bienveillance robuste n’est pas la douceur permanente ni un long fleuve tranquille : c’est la capacité à rester en lien malgré les frottements, à accueillir la complexité sans s’effondrer, à laisser la relation se réajuster plutôt que se rompre.
Elle est vivante parce qu’elle est souple, adaptative et durable.
La bienveillance vise donc la durabilité du lien, pas la douceur à tout prix.
Plus de détails sur la robustesse, la bienveillance robuste, et la robustesse de mes travaux de modélisation dans la page
Bienveillance et robustesse.
Une bienveillance Émergente ...
... parce que la bienveillance est un phénomène émergent du vivant.
Elle apparaît lorsque :
- la sécurité est suffisante,
- la circulation est possible,
- la transformation est respectée,
- les limites sont honorées,
- et que l'on se donne le temps de la mise en lumière de l'invisible bienveillant et de son rayonnement.
La Bienveillance Émergente s’inscrit dans les sciences de la complexité, où l’émergence désigne ces phénomènes qui apparaissent lorsque les interactions sont suffisamment nombreuses, régulées et cohérentes.
Dans un système vivant, l’émergence n’est jamais imposée : elle résulte d’un ensemble de micro‑ajustements, de signaux faibles, de rétroactions fines.
La bienveillance suit la même logique : elle n’est pas un comportement à produire, mais un état relationnel qui se révèle lorsque les conditions de sécurité, de clarté et de circulation sont réunies. Elle n’est pas fabriquée, elle se déploie. Elle n’est pas décidée, elle apparaît. Elle n’est pas un effort, elle est un phénomène collectif du vivant.
La bienveillance se cultive plus qu’elle ne s’impose, comme un écosystème dont un des enjeux centraux est de rendre visible l'invisible.
Le mantra de la Bienveillance VRÉ
Recevoir,
faire circuler, bonifier,
protéger, contribuer et donner
là où la vie a réellement besoin de nous,
à la juste mesure de nos forces.
Tout ce qui est reçu ne suit pas la même voie :
- certaines choses peuvent circuler telles quelles,
- d’autres doivent mûrir, se transformer, être bonifiées,
- d’autres encore doivent être écartées pour préserver le vivant.
La bienveillance est un double flux, invisible et visible, qui demande discernement et régulation.
Le rôle des métaphores : hêtre, forêts, archipels, fables et contes
Elles jouent un rôle essentiel dans la compréhension biosociologique de la bienveillance.
Elles permettent de :
- rendre visibles des dynamiques complexes du vivant,
- dépsychologiser la bienveillance,
- sortir du registre moral,
- offrir un langage commun, accessible et transmissible,
- relier l’individuel, le relationnel et le collectif.
Le hêtre incarne l'être humain dans sa bienveillance y compris dans sa défense ajustée dans les situations de tension voire de malveillance.
La forêt incarne le milieu.
Les archipels incarne la pluralité des territoires et des écosystèmes.
Les fables et contes incarnent la transmission symbolique.
Ces images permettent de comprendre la bienveillance comme une écologie vivante, et non comme une qualité individuelle ou un effort moral.
Le Passeur-Alchimiste de Bienveillance vraie
Au cœur de la Bienveillance VRÉ se trouve la figure du Passeur-Alchimiste.
Le Passeur-Alchimiste est celui qui :
- reconnaît en premier lieu les dynamiques du vivant en lui-même,
- apprend à les réguler, à les honorer et à les protéger,
- avec humilité, joie et détermination,
- dans ses relations à lui-même, aux autres,
- et à ses écosystèmes d’appartenance,
- et contribue à la circulation juste de la bienveillance.
Il n'est ni celui qui ne veut pas plus donner qu'il reçoit, ni celui qui se perd à contribuer, à aider et à donner :
il prend soin du flux et de lui-même.
Une bienveillance vraie
VRÉ se prononce “vraie”, et ce n'est ni un hasard, ni anecdotique.
Une bienveillance vraie est :
- incarnée (vs cordonnier mal chaussé)
- régulée (vs irrespectueuse des équilibres),
- non naïve (vs idéalisée et cantonnée aux valeurs et aux intentions),
- capable de durer (vs éphémère),
- inclusive (vs exclusive avec droit à la malveillance et l'absence de bienveillance à celles et ceux qui en sont exclus)
- capable de traverser les tensions sans se renier (vs volatile à la moindre fluctuation)
La Bienveillance VRÉ n’est ni une posture morale ni une faiblesse :
c’est une intelligence du vivant appliquée à nos relations aux vivants à toutes les échelles de notre société, en partant de la relation à soi-même.
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